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Le Conseil d'Etat a donné raison au ministre de l'Intérieur en interdisant la tenue du spectacle de Dieudonné Le Mur, deux heures avant sa première représentation, hier soir à Nantes. Une décision qui suscite de nombreuses réactions, alors que l'affaire judiciaire se poursuit ce vendredi. Le couperet est tombé jeudi 9 janvier peu après 18 h 30. A l'issue d'une folle journée marquée par plusieurs rebondissements judiciaires, la plus haute juridiction française a finalement donné raison au gouvernement en décidant d'interdire Le Mur, le spectacle de Dieudonné, prévu deux heures plus tard à Nantes. Une première pour les spectacles de l'humoriste-polémiste, condamné à de multiples reprises pour antisémitisme. Dans sa décision, le juge des référés, Bernard Stirn, a considéré que « la réalité et la gravité des risques de trouble à l'ordre public » étaient établis, selon l'ordonnance dont l'AFP a obtenu copie. « Le contenu du spectacle est connu et je dirais même que l'on est dans une surenchère », avait défendu, lors de l'audience, la représentante du ministère de l'Intérieur. Concernant l'atteinte à la dignité humaine – l'autre argument avancé dans la circulaire adressée par Manuel Valls lundi aux préfets pour justifier l'annulation de la représentation –, le juge unique a relevé les « allégations » de la défense de Dieudonné selon lesquelles « les propos pénalement répréhensibles et de nature à mettre en cause la cohésion nationale relevés lors des séances (du spectacle) tenues à Paris ne seraient pas repris à Nantes ». Mais, pour le juge, « elles ne suffisent pas pour écarter le risque sérieux que soient de nouveau portées de graves atteintes au respect des valeurs et principes, notamment de dignité de la personne humaine consacrés par la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen et par la tradition républicaine ». Inédite, cette décision du Conseil d’Etat constitue un revirement, les tribunaux administratifs ayant, à une quinzaine de reprises ces...